Pour à nouveau nous répandre
Et ainsi, au bout du compte, nous déprendre
De ce qui nous empêche de les (nos mots sur la feuille blanche) épandre.
C’est juste que, en somme, on ressent cette obligation
De prétendre à cette réalité,
Réalité qui est nôtre,
Et qui est de la même nature que celle du sol à cultiver.
Et à ce qui précède s’ajoute
Le fait que, pour à peu près tout, on s’en fait
Et que si moins on décide d’en faire
Plus alors on s’en fera pour tout ce qu’on aura décidé de ne pas faire.
Un jour,
Voilà longtemps,
Alors que la neige tombante avait laissé toute la place
À la pluie en dépit de la blancheur froide qui recouvrait le sol,
Voilà donc que ce jour-là,
Tandis qu’il, tel que déjà précisé, pleuvait
Et puisqu’elle, la neige, se compactait en raison de la pluie tombante
Et que, sous un ciel bas très ennuagé, un vent chaud du sud s’imposait,
Finalement ce jour-là,
On s’est assis pour griffonner quelques mots qu’on a pris soin d’aligner L’un à la suite de l’autre en suivant les lignes bleues
D’une feuille perforée de trois trous dans la marge de gauche.
Et tout cela,
Pas parce qu’il pleuvait mais parce qu’il le fallait...
Soit de griffonner.
Mais ce n’est pas toujours facile,
Pas toujours tentant
De s’asseoir afin d’accrocher à quelques lignes quelques mots.
La raison?
Parce que comme la terre qui, l’hiver venu, se repose,
En nous surgit ce besoin de ressentir le poids salvateur de la neige,
Étendu dos contre le sol gelé, sur tout notre corps.
Et parce que, aussi, souvent et paradoxalement on se demande
Si tout cela, soit écrire, en vaut la peine.
Nadagami