Décrire les maux;
Transcrire les mots
Sans souscrire aux maux.
Ça fait un boutte :
Comme si on avait atteint le fond,
Sans qu’on ne sache de quelle ambivalence découle
Cette implacable perte d’inspiration.
Parce que, écrire, c’est quand même du temps,
Beaucoup de temps,
Pour une raison
Qui semble en être totalement dépourvue.
Écrire des mots
Parce que,
Comme le coeur qui bat,
Élan toujours il doit y avoir.
Parfois,
La nuit,
Entre deux phases de sommeil,
Des mots cherchent à se faire entendre.
On est conscient que ça fait un boutte
Qu’on se retient de mettre boutte à boutte
Des mots tandis qu’on est deboutte,
D’enchaîner des alignements de mots dont on ne voit pas le boutte.
Dehors,
Sous un couvert gris pâlotte emmitouflant,
Des arbres effeuillés aux branches inertes
Et un sol gazonné de jaunissement.
On reprend pour de bon?
Dans un an on sera plus en mesure de répondre.
À préparer, dans peu de temps?
Le repas du soir.
Capter
Des mots;
Les transcrire
Avant qu’ils ne deviennent maux.
Nadagami