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Six cent un

29/5/2026

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​Il pleut.
Et moi, si je peux?
Elle pleure.
Et moi, si j’ai peur?
 
Parfois,
Tout à coup
Entre deux coups
Et bien entendu pas tout un coup,
 
Quelques mots
Qui,
Telles des gouttes de sève sucrée s’échappant de l’entaille,
Tout à coup... Qui... Eee...
 
Bon! Eee... Ouais! J’y arrive :
Voilà que tout d’abord tombe dans une chaudière
Une première goutte du précieux liquide sucrée
Qui sera suivie d’une seconde.
 
Passe le temps
Entre deux points de marquage
Dont on ne peut imaginer
L’emplacement
 
Parce que la ligne du temps
Existe
Bien qu’il nous soit impossible
De la saisir autrement que par le senti.
 
Où tout a commencé?
Bin...
On va dire : là!
Ici?
 
Oui! Oui!
Drette là!
Là? Euh...
J’ai bien ouï?
 
Il était donc une fois
Qui est
Et qui ensuite sera
Puisque sera ce qui est après avoir été.
 
 
Nadagami
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Six cent

21/5/2026

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​À l’image de ce qu’on a connu
Lorsque nous avons quitté les bancs d’école,
Voilà que surgissent à nouveau des pressions déstabilisatrices
Affectant l’ordre économique du pays.
 
À l’extérieur,
Le vent souffle avec insistance,
Et à l’image du contexte géopolitique actuel,
Depuis des ailleurs inaccoutumés :
 
Ainsi très souvent depuis le sud;
Depuis l’est mais sans la pluie habituelle;
Parfois depuis le nord;
Presque jamais depuis l’ouest bien que vent dominant coutumier.
 
En plus, le souffle éolien est couramment empreint de vélocité instable.
Après un hiver très peu neigeux,
Voilà qu’encore cette année le printemps s’écoule
Sans que la pluie ne tombe des jours durant.
 
Tantôt, bientôt, les feux de forêt?
On reconnaît moins notre pays,
Ce territoire
Hier aux rythmes saisonniers tout en harmonie.
 
Ici toutefois, les vrombissantes motos;
Ici aussi, les pétaradants quatre-roues;
Ici, les démesurés et toujours plus nombreux côte-à-côte;
Ici enfin, les silencieux hurlants des minounes.
 
Pourtant, les soubresauts économiques;
Pourtant, l’instabilité économique;
Pourtant, l’effritement économique;
Pourtant, en somme, l’incertitude économique croissante.
 
Passent les jours,
S’inscrivent l’amertume et l’angoisse, mais :
« Pèse sur la pédale à gaz! »
Les hurlements de moteur nous rendent sourds.
 
Les merles d’Amérique ont tardé.
Les chiens, plus nombreux, aboient.
« Envoye! Envoye! Pèse su’l gaz! »
Pour d’aucuns, le silence est une effroyable abomination.
 
Où s’en sont allés tant d’oiseaux?
Tantôt, espérons-le, la pluie!
Il en faut :
Déjà, plus au nord, des feux de forêt font rage.
 
 
Nadagami
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Cinq cent quatre-vingt-dix-neuf

13/5/2026

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​Les maux
De l’émoi
Et le moi
Des mots.
 
On est porté à croire que, en principe, il devrait y avoir
Une raison mobilisatrice
(Ou encore une évocation incitative)
Pour tout.
 
Comprendre en toutes occasions,
S’accrocher à un concept explicatif logique,
Éliminer les tiraillements nés du pourquoi de la vie :
Sauf que, depuis un bon boutte de temps, ce pourquoi nous fait tituber.
 
D’un autre côté, et c’est plutôt curieux, tout tend à filer drette
Si on s’acharne à ramener à notre conscience nos souffrances du passé,
Ou encore à nager dans l’oubli aqueux que génèrent nos craintes.
Ainsi cible-t-on l’objectif de jouir des enchevêtrements de la fuite.
 
Mais à travers ces travers se mêlent l’écoute du chant des oiseaux,
L’identification des fleurs sauvages,
Le sarclage des plantes,
L’élagage des arbustes naturels et...
 
Encore aujourd’hui, l'observation du vent venant à l’avenant du sud.
Du temps de notre jeunesse, il, le vent,
Ne soufflait pratiquement que depuis l’ouest.
(C’est mon père qui m’a appris à tenir compte de la direction du vent.)
 
Mais depuis quelques années,
En somme depuis un certain temps de plus en plus incertain,
Les conditions météo se déglinguent.
Tellement qu’il nous arrive de ne plus reconnaître les saisons.
 
Et pas que les saisons.
On n’a pas de lave-vaisselle et donc qu’on lave et essuie la vaisselle.
Sauf que, et même si à peu près tout le monde en a un et nous non,
Il faut qu’elle soit propre, la vaisselle, avant de passer à table.
 
Les saisons tendent à être de moins en moins reconnaissables
Et la vaisselle de ressortir toujours plus propre des lave-vaisselle.
De l’autre côté de la fenêtre au-dessus de l’évier de la cuisine,
Les conditions météo qui s’étalent avec tant d’inconvenances.
 
 
Nadagami
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Cinq cent quatre-vingt-dix-huit

6/5/2026

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​Se disputent l’entre ciel et terre
Les flocons et les gouttes en chute libre :
S’accroche le pusillanime hiver;
Se déploie le bouleversement printanier.
 
En même temps, l’hier bardé de scènes navrantes impose sa récurrence.
On voudrait bien passer à autre chose
Sauf que, trop souvent, remontent à la conscience
Les coups d’antan devenus par la suite blessures.
 
Et nous, aujourd’hui, de si souvent remettre à plus tard,
À l’exception de cette manie qui consiste à remettre à plus tard.
Tic! Tac!
Passent les secondes, minutes, heures, journées, semaines.
 
On ignore pourquoi, depuis plusieurs mois, on se tient loin du clavier,
Pourquoi on fuit les mots.
Pourquoi?
Tombent les gouttes vite avalées par le sol desséché.
 
Malgré cette pluie entremêlée de flocons, on est quand même sorti,
Et quand même parce que justement la pluie qui mouille,
Parce qu'aussi le froid qui gèle,
Parce que flocons et gouttes rivalisent en attendant qu’elle s'impose.
 
Elle?
La saison qui est une (et bien que le printemps soit un).
Puis le courant de la journée en fuite qui nous emporte,
Malgré nos peines, peurs, doutes, regrets, désinvoltures et nos...
 
Et nos... ? Euh... Finalement, voilà, on a oublié, perdu le fil.
Et finalement, tel que déjà mentionné ci-devant, on est sorti.
Finalement aussi, on a mis les pneus d’été dans le coffre du char.
Fine Allemand... e. (Entéka!)
 
Et voilà qu’on relit nos mots,
Qu’on en efface, qu’on en remplace, qu’on en déplace
Et qu’on s’envole
Si haut qu’on finit par oublier qu’on se relit ici-bas.
 
Ailleurs, d’étroits esprits se disputent le passage par un détroit
Tandis qu’ici grimpe sans embûche le prix du litre d’essence.
Module nos habitudes l’usage des véhicules à moteur.
L’épicerie va nous coûter un bras tantôt.
 
 
Nadagami
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Cinq cent quatre-vingt-dix-sept

1/5/2026

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​Il nous faut reprendre...
Recommencer à fixer le dessinage de lettres
Sur la page blanche lignée,
Surtout que le choix d’écrire ou non
 
On n’a pas vraiment.
Se succèdent les lignes.
Le coeur, toutefois, peine à éteindre ses complaintes ataviques.
Dehors, les débiles de la route, quant à eux, ont repris la route.
 
Passent les heures,
Passent les chars,
Tintamarre printanier,
Les p’tits gars ont ressorti leurs bébelles à gaz!
 
Il nous faut écrire
Parce qu’on est écriture,
Comme poussent les feuilles,
Comme tombent les flocons, les gouttes,
 
Comme s’arrache de la noirceur de la nuit
La lumière du jour
Dont se libérera par la suite
La noirceur de la nuit.
 
Ensuite?
Comme tout nous semble sans suite,
Bien qu’il y ait poursuite
Et, à sa suite, désordre.
 
Tout à coup, plus rien. En fait, plutôt un vide, un espace-temps perdu.
On était ailleurs;
Le chien des voisins...
En pleine crise d’aboiements intempestifs.
 
On n’est plus là.
Nos doigts sur les touches du clavier ont pris le contrôle.
Nos yeux se referment, s’éteint nos balbutiements cérébraux.
Un fil d’images glisse et vite s’entremêle-t-il de boules de noeuds.
 
Reprendre.
Déprendre.
Dépendre.
Répandre.
 
C’est juste que...
En fait, non, pas vraiment
Étant donné qu’on n’a pas le choix.
Il n’empêche que la constatation née de la contestation est permise.
 
 
Nadagami
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