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Cinq cent soixante-dix-sept

29/7/2025

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​Quelques mots captés
Qu’on accroche aux lignes bleues d’une page
Du cahier à spirale ouvert sur la table de la cuisine;
Quelques maux évanouis
 
Alors qu’en mode rédaction on est.
Juste avant, là, tout près, à nos pieds,
Une fleur sauvage parmi tant d’autres et au loin,
D’inquiétants feux de forêt que nous rappelle un ciel emboucané.
 
Lorsque confrontées, se désarticulent nos craintes.
Derrière tout cela cependant : un besoin de simplicité
Que tente de charcuter
Une assuétude bombée de reconnaissance sociale.
 
Qu’une brise passante;
Qu’une feuille tombante;
Qu’une fleur naissante;
Qu’une ombre fuyante :
 
Rêver d’être pareil à elles,
Sans ailes,
Sans bébelles,
Le tout en parallèle.
 
Si on se sent bien?
C’est juste qu’on file de même...
Tsé, comme ça,
Sans trop savoir vraiment comment on se sent.
 
Puis, une voix, autoritaire, charriée par l’invisibilité
Qui ordonne :
« Tu ne peux pas! »
Féminine la voix.
 
Ce désir profondément ancré d’être premier qui nous étouffe
Et cette obsession qu’il faille toujours le demeurer, premier.
Sauf qu’il y a tous ceux et toutes celles, très nombreux
Qui, derrière, suivent, qui jamais ne seront premiers premières.
 
Parfois,
Une sensation, passagère, de fatigue, de lassitude, d’ennui.
Les lettres s’agrippent aux lignes bleues de la page :
Naître et n’être, en même temps.
 
 
Nadagami
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Cinq cent soixante-seize

25/7/2025

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​(Et il y a eu cette journée
Au cours de laquelle,
À un moment précis, inattendu, exempt de contrainte,
Tout est devenu limpide.)
 
Dehors,
La lumière du jour dessine des ombres fines
Sur l’étendue blanchie de gouttelettes de rosée
Couvrant le sol gazonné :
 
Une étincelle;
Un flash;
Une brillance;
Un scintillement.
 
Le village est silencieux,
Parfois tendancieux,
Exempt de tout esprit soucieux,
Mais d’une oisiveté cérébrale qui nous rend suspicieux.
 
Pales fixes des éoliennes,
Feuilles des feuillus impossiblement immobiles,
Ciel d’une bleuité pareille à celle qu’on observait sans s'y arrêter
Parce que (jeune qu’on était alors) trop insouciant
 
Face à la fragilité de cette bleuité gratuite,
Croyant alors naïvement
Qu’il le serait, éternellement, bleu le ciel comme il l’est ce matin.
La vie, c’est quoi?
 
Une série d’épreuves
Dont l’utilité n’est que d’endurcir
Face aux épreuves quotidiennes
Parce que, comme le printemps, on reviendra.
 
Voilà, ce n’est que cela.
En fait et d’une certaine façon,
Mes mots valent ce qu’ils valent : rien puisque rien ne m’appartient.
Sauf que même moi je me donne des jambettes...
 
Ché pas trop pourquoi.
Il t’arrive d’écouter le vent qui ne souffle pas?
Son silence, son absence? Par le passé, au moins une fois?
Moi, je suis un Francoq qui parle francoq.
 
 
Nadagami
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Cinq cent soixante-quinze

21/7/2025

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​Comprendre?
Parce que, parfois...
En fait, presque tout le temps pour ne pas dire tout le temps,
D’une certaine façon, on obéit.
 
Enveloppe le village
Et atténue la luminosité du soleil
Un ciel anormalement emboucané
Qui alimente notre circonspection dubitative face à l’autorité.
 
Ce qu’on comprend?
En fait, qu’on n’y comprend pas grand-chose
À tout ce brouhaha médiatique qui semble découler d’une illusion
Favorable à la perte de la conscience individuelle.
 
Tant d’informations, d’analyses, de recherches
Pour, au bout du compte, se découvrir
Si ignorant de nous-même,
Si dépendant de ce qui naît du nivellement identitaire.
 
Quel réel pouvoir décisionnel représentent-ils représentent-elles,
Par exemple, ces élus et ces élues,
Dont les propos, les annonces, les opinions circulent grâce aux médias
À un prix qui, en fait, est toujours refilé aux suivants suiveux?
 
En ce qui nous concerne toutefois,
Ce ne sont pas les enfilades de paroles ou de mots écrits
Des ténors médiatiques qui nous propulsent vers l’avant,
Mais bien nos rêves,
 
Ceux qui surgissent entre le coucher et le réveil, en somme la nuitte.
Et nuitte... parce qu’icitte,
En pleine conversation à bâtons rompus,
Il est possible qu’on prononce nuitte plutôt que nuit
 
(Usage que l’éducation scolaire et la rectitude sociale
Cherchent, on l'aura deviné, à enrayer).
Sauf que, un jour, on a fui pour en bout de ligne découvrir
Le caractère particulier de notre solitude en mode sociale.
 
Mais c’est la même chose pour tout le monde
Puisque, hein,
Être différent de tous les autres
Est la seule similarité qui permet à tout un chacun de faire un.
 
 
Nadagami
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Cinq cent soixante-quatorze

14/7/2025

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​Tombante,
Tombantes,
Est la pluie,
Sont les gouttes,
 
Toutes « Une » qu’elles sont,
Mais « Une » qui se perd
Dans l’indifférenciation
De la chute des gouttes composant l'averse tombante.
 
Ainsi fuient vers le sol les gouttes
Tandis que se manifeste l’élan
Succédant au verbe
Que précède l’illusion de la différenciation du début et de la fin.
 
Au même instant tombent les lettres,
Les unes après les autres,
Depuis un ciel
À la fois toujours ennuagé,
 
À la fois toujours ensoleillé.
Ainsi, on se voit là
Alors que revoilà
Cette voix-là
 
Qui tout à coup, hier peut-être, à nous, au coin d’une rue, se dévoila.
On s’échappe,
Entraîné par l’élan sur le sol réceptacle
De l’ondée pluvieuse bruyante, débordante, fuyante.
 
Évidemment, comme tout un chacun, on se questionne,
Cherche des réponses,
S’arrête,
Doute, hésite, branle dans le manche
 
Parce qu’en nous, souvent et parfois, pleut
Une absence de gouttes,
Entre un ciel gris pâlotte presque désennuagé
Et un sol imbibé d’eau de pluie presque swompeux.
 
Qui suis-je?
Que puis-je?
Tombe la pluie
Alors que rien ne nous importe si ce n’est qu’il en soit ainsi.
 
 
Nadagami
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Cinq cent soixante-treize

5/7/2025

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​Tout à coup?
Tout d’un coup?
À tout coup par contre,
Sans mot dire, on encaisse le coup.
 
Donc...
Tout à coup,
Un vide
Et de constater que nos convictions, toutes, se sont volatilisées.
 
On clique.
Devant, face à nous?
Un écran!
(Qui nous protège?)
 
Faire écran.
Tout à coup,
Un vide
Et les lettres de s’y engouffrer tout en nous entraînant à leur suite.
 
Comme si on choisissait,
Comme s’il était possible de choisir.
On plie, tout simplement.
Parce que l’épervière orangée, plante florale sauvage,
 
Jamais ne choisirait-elle étant donné qu’elle n’est que plante?
Quant à l’être humain,
L’entièreté de son expression
S’expliquerait selon une suite logique conséquentielle planifiée?
 
Tout à coup
(Encore une fois),
Voilà que toute forme définie se révèle être dotée
D’une conscience.
 
(Ché pas trop ç’que j’ai.
Je file de même.
Sans doute est-ce à cause de l’âge,
Du poids,
 
Comme il est souvent rapporté,
De l’âge,
Du poids du temps accumulé de la conscience individuelle
Qui s’auto-critique.)
 
Donc... Tout à coup, entre deux n’importe quoi,
On se sent vieux,
Envieux
Et désirant que ne soient sans vie euphémismes et atermoiements.
 
(Voilà!
Un simple bizounage de mots
Étant donné qu’il nous fallait compléter une ligne.
S’agit maintenant de nous relire... ou de poursuivre? On poursuit :)
 
Envieux?
Parce que parfois
Nos principes
Se transforment en un vide
 
Qu’on dirait sans fond
Et qu’effectivement
En cet instant précis,
De fond, tout nous porte à croire qu’il n’y en a pas.
 
Passent les heures,
Passent les leurres,
Passe le beurre
Avant qu’il ne devienne le leur.
 
C’est juste que parfois,
On ne sait plus
Et que cette sensation nous aspire et nous inspire
Afin de nous contraindre à ne voir que le pire.
 
Il n’empêche que, TOUT À COUP, à grands coups dans le vide,
On s’est remis à écrire.
Pas par choix
Puisque c’est une obligation, une nécessité, un devoir salutaire.
 
Il est 4h45.
Au milieu de la montée des autos qui va de la rue à la cour arrière,
Un merle d’Amérique en quête de vers.
Il a choisi, lui? Et moi? Pas plus que lui, j’dirais.
 
 
Nadagami
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