Tout à coup, mais comme il arrive trop souvent, le chien
Des voisins
Qui, pour une raison quelconque, se met à aboyer sa solitude.
À tous ces maîtres et maîtresses du même acabit :
Pourquoi un chien s’il n’est qu’un déversement d’aboiements?
Passe le temps.
Nos doigts nous emportent.
« Quoi écrire? » que ces derniers (nos doigts) se demandent.
En fait, la plupart du temps une suite de mots en formation nous guide,
Jaillissant d’une intention vague et sans plan préconçu,
Telle la brise s’emparant de la feuille arrachée à l’arbre.
Inspiration?
Plutôt le vide qui se crée à la suite de l’écriture d’un mot.
S’ensuit une progression
Ne découlant nullement d’un choix préconçu
Puisqu’il nous faut verser dans l’oubli.
Est soulevée une feuille, emportée puis abandonnée au pied d’une haie.
Mais a-t-on vraiment à dire?
En fait, les mots formant lignes naissent parce que le ciel est gris,
Parce qu’il est quinze heures,
Parce que le chien des voisins aboie,
Parce que je n’en ai pas la moindre idée,
Parce qu’une envie sans pour autant avoir quelque chose à écrire.
On efface?
C’est juste qu’on s’efforce d’oublier un oubli qui fait l’envie
Pour mieux nous abandonner au pouvoir attractif du déversement des mots,
À la frivolité constante des sensations passagères de l’écriture.
C’est tout.
Passent les secondes, les lignes, les lettres, les mots et les phrases.
Sans entrain, on écrit.
Il n’empêche toutefois que se dessine un alignement de mots.
Le chien des voisins qui encore aboie.
Il voudrait être avec sa maîtresse
Qui semble préférer les aboiements à la compagnie d’un chien.
Et celui-ci de transformer cette indifférence en aboiements plaintifs.
Nadagami