Sous la lourdeur flottante d’un ciel
À grisaille frangée :
Légère mais contagieuse déprime circonstancielle.
Passent quand même les heures jamais engrangées,
Marquées toutefois sont-elles d’une lassitude plurielle
Et alors que notre inspiration tend à nous déranger
Car découlant d’une absence de cause référentielle.
Nous échappent en plus les dangers
D’un quotidien à variables exponentielles.
Sans cesse nos vieux tracas nous faudrait-il vidanger
Surtout qu’ils nous empêchent d’affronter nos craintes existentielles.
D’une certaine façon, c’est comme si tout était d’avance arrangé,
Selon une sordide volonté de nature démentielle,
Et afin que tout soit, semblerait-il, pré-arrangé
En vue d’un ordre social à suivre d’après un cadre artificiel.
Critique de nature, nous voilà perçu comme étant étranger
À ce platonique déferlement événementiel.
Pour nous, la crainte constante que génère l’imprévisibilité d’un danger
Relèverait surtout d’un conditionnement à puissance exponentielle.
En somme, voilà ce qui explique notre penchant à déranger
Notre mémoire au moyen de désirs évidés du moindre ordre préférentiel.
S’ensuivent des envies que d’aucuns prétendent mélangées
Alors que celles-ci se nourrissent de curiosités essentielles.
En découle une écriture à première vue impossible à ranger,
Extirpée d’une volonté à puissance potentielle
Qui ne fait, en fonction de la réalité, que maladroitement louanger
Des rêves nourris de désirs trop souvent à revigoration partielle.
Qu’en est-il toutefois de toutes ces carrières pré-arrangées
À cause desquelles notre quotidien relève d’une réalité excrémentielle?
Peut-être nous faudrait-il tout réarranger
Pour enfin savourer le calme plutôt que le plaisir d’être sensationnel.
S’échappent ainsi les lettres d’une envolée sans danger
Dont l’ensemble découle d’un bourdonnement séquentiel.
Élan surgit d’un monde réel qu’on dirait, à première vue, dérangé
Même si en réalité tout tend à devenir substantiel.
Nadagami