Il a gelé.
Dans les gouttières,
L’eau retenue et devenue glace y retient des samares entassées.
Pelures de légumes éparpillées sur le sol
Par le vent qui les a arrachées de l’amoncellement de compost.
L’automne se déploie en passage progressif implacable
De chaleur atténuée à froidure intensifiée.
Sont presque toutes tombées les feuilles
Qui enveloppaient le branchage des feuillus.
Tourne la roue... La roue des saisons...
Quoique tout tend à relever de la linéarité.
(Toujours,
Inexorablement,
Plongeant dans la noirceur préalable à la diffusion onirique
Afin de mieux s’expliquer ses craintes et ses envies,
La conscience
Accepte de confronter l'image qu’elle entretient d’elle-même
Afin que s’impose
Le détachement.)
Il a gelé.
La chaleur estivale n’est plus.
Frileux on est aujourd’hui.
Chiâleux? Toujours autant.
Bientôt la neige alors que se travestissent de gris hivernal les nuages
Et que s’effiloche la hardiesse d’un soleil d’hiver plutôt paresseux.
Chaque soir venu s’enfuit toujours plus tôt la lumière du jour
Alors qu’en conquérante s’accapare de l’espace laissé vacant la nuit.
Gel nocturne.
Soubresauts de température.
Tristesses fugaces tirées des images-souvenirs de la chaleur évanouie.
Détestations des contraintes qu’éveillent les souvenirs du gel hivernal.
Branches squelettiques de feuillus dénudés.
Tuque, cache-cou, gants, bottes, manteau d’hiver hier appelé canadienne.
Il a gelé.
On ne passera pas à côté : bientôt il nous faudra pelleter.
Nadagami