Sur la scène,
Là-bas, au centre, la guerre;
Un peu plus loin, sur le côté gauche, la guerre encore;
Toujours plus loin, cette fois-ci à droite, toujours la guerre.
Ici,
Du haut de notre prétentieuse paix,
Il y a le prix du litre d’essence qui mine notre moral.
Dehors,
Le soleil;
En-d’dans,
Une vie en dents de scie.
L’âge nous rattrape.
Parce que,
Hein,
On y pense parce qu’on le voit,
Le bout,
Celui de la ligne,
Borné, ce bout, tout d’abord par une naissance,
Ensuite par une fin de vie.
Là-bas,
La guerre;
Ici,
Les prix des biens qui grimpent inexorablement.
Autour, tout près, pour ne pas dire juste à côté,
Les chiens qui jappent.
Les chiens :
Avant, on faisait des p’tits; aujourd’hui, on s’achète un chien.
Toujours est-il qu’on tape ce matin,
Qu’on enfonce des touches parce que,
Et même si ça ne paie pas,
On n’a pas le choix.
Et comme on n’a pas le choix,
Si nos doigts se tiennent trop loin du clavier,
C’est notre moral qui déraille.
Là-bas, c’est la guerre; ici, les chiens jappent.
Nadagami