Parce que la nécessité mêlée à un besoin irrépressible s’est dissipée.
Sauf qu’on respire pour la première fois sans vraiment choisir
Comme à un moment donné sans avoir vraiment le choix on cesse.
Il n’empêche
Que la petite voix en nous s’est à un moment donné tue.
Écrire...
Tant de mots accrochés, effacés, corrigés, accordés, changés.
Souffle invisible qui visiblement s’est essoufflé.
S’accrochent en ce moment aux lignes de la feuille lignée des mots
Et sans s’y emmêler,
Se laissent guider par les lignes bleues nos doigts tenant stylo.
Mais voilà que, tout à coup,
Nous nous découvrons écrivant beaucoup,
Sans le moindre à-coup
Et en l’absence de contrecoup.
C’est comme si, en ce moment même, on se voyait déguerpissant
Parce qu’on s’est, comme ça mais juste avant, demandé :
« Mais pourquoi se demande-t-on :
« Pourquoi écrire? » ? »
Écrire... ? Oui!
Sauf que...
Ouin! Sauf que, écrire, mettre sur papier, c’est donner et pour nous,
Jusqu'à cette impression grandissante, envahissante, d’avoir trop donné:
Telles sur le sol les feuilles une fois l’automne revenu,
Tombent sur la feuille lignée percée en marge de trois trous les mots,
Accompagnés qu’ils sont de cette sensation de reprendre les mêmes idées,
D’être tout à coup submergé par une sensation d'obsolescence.
De leur extrémité dessinent des cercles les pales des éoliennes.
S’agitent plus bas les feuilles colorées des feuillus.
Une nuée de fines gouttelettes en suspension grisonne les paysages.
Le sol recouvert d’herbe jaunie a de toute évidence soif d’eau de pluie.
Écrire...
On toffera combien de temps suite à ce nouveau départ?
En passant, lundi prochain, soit celui qui vient : jour d’élections.
Évidemment qu’on ira voter.
Nadagami