Surtout que mes mots tapés et à taper
Découlent d’une irrépressible nécessité
D’expression, d’expulsion, d’exécution.
Au moins en ce moment s’activent-ils
Afin que se détachent les unes des autres les lettres des mots;
Ensuite, les uns des autres, les mots;
Ensuite, mais pas tout de suite car à première vue sans suite,
S’en suivra un déversement nécessitant un déblaiement.
Un jour alors que je n’étais pas né,
Ma conscience s’exclamait en deux lieux différents,
Soit de chaque côté de l’Atlantique,
Le tout dans l’attente ignorée d’une fusion à venir.
Cette dichotomie toutefois s’est déroulée lors d’un hier,
Dans l’attente inconsciente d’un demain
Ne pouvant être comprise, une fois saisie, qu’aujourd’hui
Car « main tenant » stylo;
Comme si hier et demain et aujourd’hui
Fusionnaient...
... et de décrocher.
Et je décroche parce que je n’y comprends rien.
Il n’avait pas de ces ciels jaune bruni de fumée
Du temps de ma jeunesse.
On nous dit que c’est en raison du progrès progressant progressivement.
Si j’ai une poignée dans le dos?
On dirait.
Et le ciel, au nom du progrès,
Tout à coup de jaunir et brunir et le soleil de disparaître.
Et tout à coup aussi cette odeur de fumée.
Brûle la terre de la Terre.
On pourrait m’expliquer?
Je lis moins les nouvelles pour être moins désinformé.
Pas le choix :
Il me faut écrire.
Et quand j’écris,
Je crie.
Nadagami