Flotte au-dessus du village
Un ciel s’étirant tout en grisailles.
Repleuvra-t-il?
Non!
Du moins pas au cours des minutes qui suivront,
Ni non plus tout au long de ce qui sera aujourd’hui.
Pour ce qui est de demain, tout indique qu’on n’y échappera pas.
.
Tout cela en dépit du fait que hier se façonne
Dès cet instant qui succède à celui de toute lettre se fixant à l’écran
Et alors que s'acharne le doute que génèrent oublis et appréhensions
Qui bouleversent des habitudes devenues pratiquement réflexes.
Hier,
On le savait que ce aujourd’hui annonçant un demain incertain viendrait.
Ce « On » qui n’est pas nous, mais bien celui de ceux appelés décideurs.
Le soleil et la lune, de leur bord, maintiennent (ouf!)
Leur routine ostentatoire dépareillée du lever au coucher.
Sauf qu’on (qui ici est nous) le savait,
Que ce qu’hier nous a offert ne pouvait pas durer éternellement
Même si la mécanique était bien huilée quoique chèrante à faire tourner.
Et la vie,
C'est aussi cela :
Une montagne d’imprévus;
Et l’imprévisibilité, son expression coutumière qui nous fait enrager.
Quant aux montagnes,
Tout autour dans le coin,
Il y en a.
En plus, elles sont très vieilles.
Mais j’aime leurs formes... Et en particulier
L’étirement de la ligne de faîte à l’ondulation féminine
Et de laquelle ligne s’arrache, ici et là, une évocation nourricière que
Jalousent, plus bas le long des routes, les propriétaires de glacerie.
Ainsi il en va de la vie.
Sauf que la vie c’est aussi la paresse,
La routine,
La toast sur la table le matin qu’on estime être obligatoirement là.
Nadagami