Mais avant que l’enfilade de nos mots ne nous emporte,
Nous nous adonnons à dessiner des lettres
Au-dessus d’une ligne bleue pour qu’à leur suite naissent des phrases
En cette langue venue de l’autre Côté;
De l’autre côté de cet océan qui nous a contraint à la séparation;
Enfin langue que de trop nombreux locuteurs d’âge scolaire rejettent
Et qui, par contre-coup, s’abstiennent d’en acquérir la maîtrise.
On veut la richesse
Tout en vilipendant
Une langue
De riches.
Bizarre!
Quant à nous
Et malgré tout ce qui est véhiculé au sujet de cette langue,
On a choisi les mots que celle-ci nous offre comme moyen d’expression.
En somme, on essaie tant bien que mal de ne vivre qu’en cette langue
Venue de France
Parce qu’elle est deux,
Parce que les autochtones font état de leurs déversements de peine
Puisque justement sont si nombreuses ces langues du terroir
Qui tendent à partir, comme nos environnements forestiers, en fumée.
Si elle est parfaite notre langue?
Non!
Si elle est deux?
Oui! Oui!
Féminine
Et masculine.
Un peu empoussiérée...
Mais quand on sait qui a la main sur la bride, l’explication surgit.
Épicène (beaucoup plus que ce que l’usage prétend) elle est :
Un une enfant;
Un une médecin;
Un une diplomate; un une architecte; un une ministre.
Un, une...
Comme si « il/elle » a ou ont des ailes pour mieux survoler des îles.
Nadagami