Eux qui
Attendent et s’entendent pour entendre ce à quoi s’attendre
Mais alors que, sur la page, si peu ceux-ci (les mots) se répandent
Et, depuis plusieurs mois, si peu souvent;
Eux qui,
D’un nombre limité voulu, se succèdent et se précèdent
Dans un tourbillonnement d’ajouts et de rejets.
Après la rédaction spontanée au stylo,
Aux lettres dactylographiées on passe
Pour ainsi être en mesure
D’écrire au même rythme que s’offrent, tels de petits fruits, les mots.
« Un jour,
Demain,
Aussi vite
Il écrira que les mots s’échappent de ses lèvres. »
Pour ce faire,
Il faut réduire le débit de l’éjection orale
Et ainsi, à la vitesse de l’élocution, s’accrochent à la ligne les mots
Tels que ceux-ci le réclament,
Afin d’être déclamés et écrits en simultanéité.
« Tels que ceux-ci (les mots) le réclament »?
Euh...
Ce sont les mots eux-mêmes qui le réclament ???
Parfois, cette impression devient presque une certitude,
Comme si les mots étaient vivants,
Qu’il émanait d’eux une synergie raccrochée à l’invisibilité du message.
Mais en fait, qu’est-ce qui ne l’est pas, vivant?
Les mots sans glotte
Sanglotent.
Un jour,
Nos yeux ont entendu des images.
Par la suite,
Il nous a fallu
Métamorphoser ces images en mots
Pour au bout du compte y déceler notre raison d’être.
Nadagami