Serre-vis d’une canne à dada.
De toute évidence, je ne suis pas le seul qui, ce matin, attend.
Trépassent les instants successifs réduits en secondes.
Par la fenêtre au-dessus de l’évier de la cuisine,
Je devine que souffle depuis le sud-ouest la brise.
Se sont écoulés plus de six quarts d’heure d’attente :
Les nouvelles sont lues;
La liste d’épicerie est prête;
1 heure 35 minutes plus tard...
Parce que je n’ai pas le choix!
Il me faut parler à quelqu’un du Serre-vis
Pour donner suite à cet envoi postal reçu ce matin même
Afin que soient mises à jour les infos contenues dans mon dossier.
Sauf que, je le constate et le répète, je ne suis pas le seul
À attendre qu’une personne attitrée me réponde.
Il n’empêche que,
Un an plus tard soit dit en passant,
On donne enfin suite
Au retour d’un envoi postal qu’on avait presque oublié.
Et toujours, en boucle, la même pièce musicale!
Passent les minutes,
Les demi-heures,
Les heures...
Dehors,
Sous un ciel à la blancheur nuageuse grisonnante,
La chaleur humide accentue le bourdonnement des bruits de moteur.
Deux heures passées et les minutes qui toujours s’égrènent...
L’impatience me gagne;
Rien de plus normal.
Secondes, minutes, quarts d’heure, demi-heures, heures...
Et tout à coup,
Voilà que se fait entendre
Une voix féminine monocorde quelque peu cassante.
L’attente est terminée : « Oui... D’accord. C’est bien. Merci! »
Je raccroche... Dans deux semaines, il me faudra rappeler.
Nadagami